« QUI ENVERRAI-JE ? »

7/02/2025

« QUI ENVERRAI-JE ? »

Ainsi résonne la voix du Seigneur à notre oreille.

« Certainement pas moi ! » répond du tac au tac une petite voix en nous. Car certainement le Seigneur envoie pour sa mission des gens compétents, brillants, capables, dignes pensons-nous. À quelle fausse représentation de Dieu inscrite en nous cela renvoie-t-il ? Pourtant, à travers toute l’histoire sainte, nous voyons Dieu choisir des gens simples, comme lorsque Jésus appelle ses disciples parmi quelques pêcheurs qui, comme chacun de nous, se fatiguent, ont peur et se découragent.

Mais l’amour de Dieu est premier et gratuit, immérité et inconditionnel ; si nous croyons cela, alors nous sommes sauvés ! « Certainement, je ne suis pas capable ! » martèle encore cette petite voix. Car le doute et la peur ont des racines solides en notre âme. De quel mauvais amour de soi cela est-il le signe ? Faire confiance à Dieu, passe encore mais se faire confiance, me faire confiance, croire en moi…

Certains, témoignent que, malgré leur sentiment d’incompétence ou de vulnérabilité, ils se sont sentis conduits au fil de rencontres, de signes, de paroles. Ils ont découvert comment ils pouvaient être, leur insu, ambassadeurs, porte-parole de l’amour de Dieu pour les personnes rencontrées : dans la simple visite à une personne malade, ou par l’Eucharistie portée à ceux qui ne peuvent se rendre à l’église.

Et c’est l’expérience de l’émerveillement : « Le Seigneur fait tout pour moi » (Ps137), « Vraiment, le Seigneur m’attendait dans ces lieux ! », « C’est Lui notre richesse ! ». Ils nous montrent qu’en cessant de se regarder soi-même, de ruminer nos doutes et nos craintes, mais en fixant notre regard sur le Seigneur, alors tout est possible. Il n’est plus cette figure de manager exigeant qui nous dirait d’une voix impérative : « j’ai un projet pour toi ! ». Il est plutôt ce Dieu amoureux, si assoiffé de notre oui qu’il préfère – timidité ou délicatesse? – cette question ouverte si respectueuse de notre liberté : « qui enverrai-je? »

Alors, avec la même conscience de notre petitesse, mais libéré de toute crainte, plein de confiance, nous pouvons répondre : «me voici !». Le Seigneur attend, désire notre réponse personnelle et intime à son « veux-tu ? ».

Ne le laissons pas sans réponse. Il croit en toi ; crois-tu en Lui ?

Gratiane Louvet
Aumônière Nationale des Établissements de Santé

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